APRÈS S'ÊTRE AUTODÉTRUIT, EST CE QUE TAIGA PEUT RENAÎTRE DE SES CENDRES ?

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Taiga Motors : Un Nouveau Départ Sous une Nouvelle Propriété

La marque canadienne Taiga Motors, pionnière des motoneiges et motomarines électriques, semble renaître de ses cendres avec un nouveau modèle d’affaires et un changement de propriétaire.

Fondée en 2015 au Québec, Taiga Motors a marqué l’industrie en proposant des véhicules électriques offrant des performances impressionnantes, mais avec une autonomie limitée. Malheureusement, l’entreprise a rapidement fait face à des difficultés financières, amplifiées par la crise du COVID et une gestion hasardeuse des fonds levés.

 

Une Reprise Sous Stewart Wilkinson

En juillet 2024, Taiga Motors a demandé la protection contre ses créanciers après avoir annoncé des licenciements massifs et suspendu sa production quelques mois plus tôt. C’est en octobre que Stewart Wilkinson, fondateur de la société britannique Vita Power, a pris le contrôle de l’entreprise. Il a injecté 15 millions de dollars pour relancer l’activité et mis en place un partenariat avec la Banque de développement du Canada (EDC) pour restructurer l’entreprise.

Aujourd’hui, Taiga a expédié ses premiers véhicules à des distributeurs en Norvège, ainsi qu’à des stations de ski en France et en Italie. Par ailleurs, ses moteurs électriques seront également proposés en marque blanche pour être intégrés dans des bateaux à propulsion électrique.

 

Un Management Controversé

Malgré cette restructuration, l’équipe dirigeante initiale, composée de Samuel Bruneau, Paul Achard et Gabriel Bernatchez, reste en place. Pourtant, sous leur gestion, l’entreprise est passée d’une valorisation boursière de 500 millions de dollars en 2021 à une faillite, accumulant près de 100 millions de dollars de dettes et imposant des centaines de licenciements.

Bruneau admet aujourd’hui que le recours à une fusion via une société d’acquisition à vocation spéciale (SPAC) en 2021 a été une erreur stratégique. Cette manœuvre a certes permis une croissance rapide et une forte valorisation de l’entreprise, mais a aussi créé des attentes du marché impossibles à satisfaire. Suite à l’effondrement de Taiga, les trois fondateurs n’ont finalement jamais profité de leur statut de millionnaires sur papier.

 

Un Modèle d’Affaires Révisé

Autre changement notable : la stratégie de vente. Initialement, Taiga adoptait un modèle de vente directe aux consommateurs, inspiré de Tesla, en utilisant les concessionnaires uniquement pour la livraison et l’entretien. Toutefois, ce modèle s’est révélé inefficace dans le domaine des sports motorisés, en particulier avec les variations climatiques impactant les ventes de motoneiges.

Désormais, l’entreprise s’oriente vers un réseau de concessionnaires traditionnels, leur permettant d’acheter les stocks en amont, réduisant ainsi le risque pour Taiga en cas d’hivers moins enneigés.

Des Doutes Persitent

Malgré ces ajustements, certains concessionnaires restent sceptiques quant à l’avenir de Taiga Motors. Eric Peterson, président de Centre Powersports au Minnesota, affirme avoir perdu confiance après avoir été poussé à prendre des stocks qu’il ne souhaitait pas, sans réception des paiements promis. Pour lui, le maintien des dirigeants actuels est une erreur et un nouveau leadership serait nécessaire pour rétablir la crédibilité de la marque.

Un Avenir Plus Prudent

Sous la direction de Wilkinson, Taiga vise une croissance plus réaliste. L’entreprise prévoyait initialement une augmentation annuelle de 200 %, visant 25 000 motoneiges et motomarines produites d’ici 2028. Ce chiffre a été révisé à 8 000 unités. Wilkinson espère également réintroduire Taiga en bourse d’ici 2028, avec un modèle d’affaires plus solide et durable.

Si l’avenir de Taiga Motors reste incertain, cette restructuration offre une deuxième chance à une entreprise qui, malgré ses erreurs passées, demeure un acteur clé dans l’électrification des sports motorisés. Toutefois, je reste sceptique quant au marché des motoneiges électriques. Les contraintes d’autonomie, le climat rigoureux et le besoin d’une recharge fiable en milieu isolé rendent leur adoption difficile. Tant que la technologie des batteries ne connaîtra pas une avancée révolutionnaire, je doute que les motoneiges électriques puissent réellement concurrencer les modèles à essence.

Sources : Martin Patriquin The Logic

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